Comment devient-on manager de transition ? Témoignage

Comment devient-on manager de transition ?

HIRE répond à toutes  les incertitudes qui freinent les cadres à devenir indépendants.
(Partie I)

Comment devient-on manager de transition ? Témoignage de Christophe Canevet manager de transition depuis 2 ans.

Christophe Canevet nous explique comment son parcours professionnel l’a conduit à devenir manager de transition :

Etre manager de transition est une façon de vivre sa vie professionnelle, c’est un moyen et non une fin.

Tout d’abord, il est important de bien se connaître, de connaître ses attentes professionnelles, et identifier quel est l’environnement qui nous convient.

Ensuite, il est important de comprendre ce qu’est le management de transition et donc un manager de transition.

Un manager de transition est un expert dans un ou plusieurs domaines de compétences. Il a plusieurs années d’expérience (missions) qu’il a acquises dans des environnements variés (situations, contextes) et des cultures différentes (entreprises). C’est pour cela qu’on retrouve souvent des expériences internationales chez les managers de transition.

Attention : le management de transition c’est être capable de s’intégrer dans une culture et un environnement changeant. On n’a aucun repère. Et ça change tout. Vous pouvez être un expert reconnu et réputé et être incapable de vous épanouir dans un autre environnement que celui qui est le vôtre aujourd’hui.

Vous devez vous intégrer dans la culture de l’entreprise, la comprendre, proposer et enfin agir. Ces quatre points clés sont indissociables pour garantir le succès de votre mission. Il n’y a jamais de solution toute faite. Vous avez un objectif et un délai, et à vous de jouer. Vous avez vos outils qu’il faudra adapter, façonner et refaçonner pour arriver au but.

Une mission dure en moyenne 4 à 6 mois, jusqu’à 12 mois par fois.

Il est aussi important d’apprendre à lâcher prise en fin de mission. Ce n’est pas toujours évident car vous vous êtes impliqué pendant des mois et vous laissez tout derrière vous.

Si vous hésitez, aucun choix n’est irréversible, vous pouvez tenter l’aventure. Vivez-la comme une expérience professionnelle comme une autre et vous verrez si vous êtes vraiment fait pour. Il faut juste en avoir envie au départ.

Pour ma part, j’y ai vu la variété des situations (nouveautés), les rencontres (enrichissement), le fait de contribuer au développement d’un société (partage), la liberté de choisir et d’agir (autonomie).
Vous repartez toujours gratifié et enrichi des échanges humains, enrichi d’une autre culture.

Le management de transition, permet de ne jamais s’ennuyer, ne pas tourner en-rond. Une mission c’est : mettre au service d’une situation ou d’une équipe, votre savoir et votre expérience. C’est un moment de partage des savoirs.

Mon parcours, dans la forme, a été plutôt classique. Par contre, le contenu, les environnements et les rencontres ont toujours été particuliers et originaux. Après 10 ans de contrôle de gestion, 15 Supply Chain e-commerce, je me suis vite aperçu que lorsqu’on me laissait une grande liberté, je m’épanouissais beaucoup plus que lorsque qu’on me cadrait. J’étais toujours enthousiasmé par les nouvelles missions : imaginer comment résoudre ou améliorer une situation, travailler avec les gens, apporter et partager de la créativité et de l’innovation, faire sortir le meilleur de chacun d’entre nous. C’est ce qui me guide encore aujourd’hui.

Du coup, je me suis lancé dans l’entrepreneuriat, pour y trouver la liberté qui m’épanouit et un sens en réalisant quelque chose en équipe.
Puis, après une première expérience, je me suis rendu compte qu’on me sollicitait régulièrement pour venir renforcer une équipe, un projet. Je faisais du management de transition sans le savoir.

Quelles sont les qualités d’un manager de transition, quel processus de décision ?

Souvent, on sent si on est prêt à y aller.

Il s’agit plus d’une question de personnalité que d’expérience.

On ne doit plus agir comme un salarié (pas d’enjeu hiérarchique) mais comme un entrepreneur (on est seul à bord) avec ses compétences.

L’entreprise qui nous sollicite attend quelque chose de différent de ce qu’elle connait (autre chose de nous) : une personnalité autonome, à l’écoute et sans complexe, qui peut dire les choses sans détours et qui pense autrement.

Il est aussi important de connaitre quelques enjeux :

  • Etre prêt à aller chercher ses missions ; vous devez vous vendre, vous n’êtes plus salarié, le business c’est vous qui allez le chercher. Attention : c’est un point essentiel.
  • Vouloir sa liberté à un prix : plus personne ne vous dit ce que vous avez à faire et si vous ne faites rien, vous n’avez pas de revenu.
  • Etre capable de se vendre, oui, mais à son prix.
  • Prévoir un matelas financier (6 mois au minimum, 12 mois c’est mieux) car les premières missions n’arrivent pas forcement tout de suite.
  • Aimer être un peu pompier : vous arrivez sur des situations parfois très difficiles.
  • Vous ne bénéficierez pas de ce que vous avez construit. Vous repartez lorsque cela marche. Vous ne gardez que la satisfaction de la réussite de votre mission et de son impact sur l’entreprise.

Un manager de transition doit avoir une expérience d’une quinzaine d’années.

Pourquoi ?

Parce que vous devez aller vite, être opérationnel dès le premier jour. Vous devez avoir acquis la capacité de comprendre, de capter les enjeux, et de vous intégrer, ce qui n’est possible qu’avec un certain vécu (et des expériences diverses).

Pour nous intégrer, nous devons aussi lutter contre l’image du manager de transition qui détruit (le cost-killer). Nos missions sont plus variées!

À suivre …