Les 8 erreurs les plus fréquentes en entretien qui ne manqueront pas d’agacer les recruteurs

1) Trop préparer son entretien

Bien qu’il soit nécessaire de préparer tout entretien d’embauche afin de montrer et démontrer au mieux votre implication et votre motivation à occuper le poste que vous briguez, il est plus qu’irritant pour un recruteur d’entendre des affirmations toutes faites qui vident les mots de leur sens. Ainsi, se présenter avec des adjectifs entendus mille fois comme « je suis sérieux, dynamique et motivé. Mon principal défaut ? Je suis perfectionniste !» auront le même impact négatif que le fameux « vous êtes charmante, mademoiselle ! » lancé à tout va dans la rue. Bien que le parallèle puisse paraitre farfelu, il y a pourtant un lien évident : ces formulations visant à « séduire » un recruteur dans le premier cas, ou une belle femme dans le second, ont l’effet diamétralement opposé du résultat escompté. Dans les deux cas, ces phrases éculées exaspèrent à tous les coups !

De grâce, si vous souhaitez convaincre en évoquant votre savoir-être en entretien, prenez quelques minutes en amont pour faire un travail d’introspection afin d’identifier vos moteurs et vos freins internes et externes, puis réfléchissez à la manière dont vous pourriez les mettre en avant avec pertinence. Un recruteur cherche à vous connaitre, vous. En ce sens, la plus grande erreur est d’essayer de trouver « la phrase qui fait bien » en dépit de votre propre personnalité. En outre, déclarer être « motivé » tout court, n’a aucun sens en soi, puisque nous sommes motivés par un projet, par une entreprise, par un poste ou encore par un objectif, mais forcément par quelque chose ou quelqu’un. De même, le dynamisme n’a pas besoin d’être formulé. Un recruteur décèlera facilement lors de l’entretien si vous faites preuve de dynamisme ou non.

2) Ne pas écouter les questions

C’est d’autant plus vrai en début d’entretien. La toute première question des recruteurs est en général assez large afin de vous laisser le champ libre pour vous présenter. En revanche, prêtez attention à la question posée et tâchez d’y répondre sans tomber dans ce que j’appelle le « syndrome du perroquet ». En effet, il est très courant que, quelle que soit la question initialement posée, les candidats foncent tête baissée dans un déroulé chronologique de leur CV, et actionnent d’emblée le mode « pilote automatique » en partant parfois de très loin, depuis l’obtention du bac. S’en suit un exposé souvent sans respiration qui ne laisse aucune occasion aux recruteurs de rebondir sur certains points sans devoir leur couper la parole.

C’est aussi votre façon de procéder ? Si c’est le cas, cela laisse supposer que vous n’adaptez pas votre discours à la personne que vous avez en face de vous, et que vous récitez un texte appris par cœur, d’entretien en entretien, peu importe l’employeur qui se trouve en face de vous. Il y a peu d’intérêt à redire ce que vous avez déjà écrit sur votre CV. Les recruteurs savent lire. Ce qu’ils cherchent à savoir, c’est justement ce qui n’est pas écrit. Pourquoi avez-vous quitté telle entreprise au profit d’une autre ? Qu’est-ce qui vous anime au quotidien ? Qu’est-ce que vous avez détesté faire ? Comment avez-vous surmonté tel obstacle ? Qu’attendez-vous d’un manager ? Que recherchez-vous à un nouveau poste ? Quelle est votre vision de votre métier ? Quelles compétences avez-vous développé ? Et surtout : en quoi est-ce que tout ça peut coïncider avec le poste proposé ? Soyez attentifs à ce que les recruteurs cherchent à identifier dans votre profil. Peut-être que c’est une de vos expériences en particulier qui intéresse votre interlocuteur. Il serait dommage de s’éparpiller en voulant à tout prix parler de l’ensemble de votre carrière au détriment des éléments qui intéressent vraiment votre potentiel futur employeur et qui sont le plus en lien avec le poste qu’il a à pourvoir.

3) Ne pas se renseigner sur l’entreprise

Rien de plus agaçant que de voir un candidat arriver en « touriste » lors d’un entretien. Bien sûr que vous ne pouvez pas tout savoir d’une entreprise et de son fonctionnement interne avant d’en faire vous-même partie. En revanche, une erreur fréquente consiste à penser que vous êtes là pour ne parler que de vous et qu’il incombe au recruteur de vous présenter l’entreprise, sans avoir fait un minimum de recherches au préalable. Cela parait évident pour certains, mais cela ne l’est clairement pas pour d’autres. Donc, a minima, consultez le site internet de l’entreprise en question et prenez connaissance de leur actualité. Un plus ? Gardez en mémoire ses valeurs et rebondissez dessus au cours de l’entretien. Cela aura un double effet positif : vous prouverez que vous avez pris soin de vous informer en amont et que vous êtes capable de faire le lien entre vos valeurs et celles de ladite entreprise.

4) Être motivé par l’entreprise plus que par le poste

L’une des pires choses à faire pour un candidat est de développer à quel point il souhaite intégrer l’entreprise qu’il vise, au détriment du poste proposé. Les recruteurs recherchent des compétences précises pour un poste précis. S’ils sentent que vous êtes davantage attiré par l’appât d’un grand groupe ou la notoriété d’une marque que par les missions qui vous seront confiées, cela les fera fuir. Construisez votre argumentaire en mettant en avant en quoi le poste est en cohérence avec vos compétences d’une part, et d’autre part, en quoi l’occuper dans cette entreprise vous intéresse plus qu’ailleurs. De même qu’un employeur va chercher à savoir si vous êtes le bon candidat parmi tant d’autres, vous devez convaincre sur le fait que vous souhaitez intégrer cette entreprise à ce poste en particulier plutôt qu’un autre poste à la concurrence.

5) Rester théorique

Afin que les recruteurs comprennent la manière dont vous fonctionnez, et quel a été votre rôle dans chaque entreprise qui jalonne votre parcours, il est impératif de rester factuel et précis. Rien de pire que la langue de bois ou des réponses évasives. Un conseil ? Agrémentez chacune de vos réponses avec des exemples concrets pour illustrer vos propos. Chaque fois que vous mettez en avant une de vos compétences, veillez à « planter le décor » en décrivant le contexte et les enjeux du moment, et expliquez ce que vous avez mis en place ou résolu et de quelle manière. Le plus ? Prenez l’initiative d’évoquer vous-même les difficultés rencontrées et comment vous les avez traitées. Cela mettra en avant votre lucidité et votre capacité à trouver des solutions, tout en devançant les questions de votre interlocuteur. C’est un bon moyen de gagner des points.

6) Dire « on » au lieu de « je »

Les employeurs recrutent des personnes, pas des entreprises. Bien qu’il soit important de parler de l’activité des entreprises pour lesquelles vous avez travaillé et d’expliquer les environnements dans lesquels vous avez évolué, il est encore plus essentiel de mettre en avant ce que vous y avez fait. Il est encore trop fréquent que les candidats se perdent dans la présentation du chiffre d’affaire ou des objectifs de leurs entreprises précédentes, au détriment de leurs propres objectifs. Bannissez les phrases qui commencent par « nous intervenons dans le secteur de… afin de… ». Expliquez le domaine d’activité en une phrase et concentrez votre discours sur vos propres responsabilités et en quoi vous avez participé à la croissance de ces entreprises. Et s’il s’agit d’un travail d’équipe ? L’humilité est une bonne chose et l’esprit d’équipe également, en revanche gardez en tête à nouveau que les recruteurs cherchent à déceler vos compétences à vous, pas celles de votre équipe actuelle ou précédente. Mettez en exergue votre rôle en tant que manager et en quoi votre travail et les décisions que vous avez prises ont contribué à mener votre équipe vers l’objectif à atteindre.

7) Ne pas développer ses réponses

Comme tout échange, la fluidité est de mise. Plus le recruteur aura à vous relancer, plus c’est le signe qui indique que vos réponses ne sont pas suffisamment développées. Les silences dans un entretien ne sont pas de bon augure, à l’exception de ceux qui précédent une réponse très construite qui nécessite quelques secondes de réflexion préalable. Voici une bonne proportion à avoir en tête dans la répartition du temps de parole : 80% candidat / 20% recruteur. A moins de tomber sur un interlocuteur particulièrement bavard, si cette proportion est inversée, il est plus que probable que vos réponses manquent de matière.

8) Adopter une posture de supériorité ou d’infériorité

C’est d’autant plus flagrant lorsque c’est l’entreprise ou un cabinet de recrutement qui est à l’initiative de la rencontre. J’ai récemment entendu de la part d’un candidat que j’ai approché : « Puisque c’est vous qui êtes venue me chercher pour votre client, c‘est à lui de me convaincre ». Ou à l’inverse, certains candidats laissent percevoir qu’ils sont trop en demande et qu’ils accepteraient de se brader pour obtenir le poste à tout prix. Il ne faut pas oublier que lors d’un entretien, les parties sont à égalité : l’entreprise reçoit plusieurs candidats et en tant que candidat, vous passez sûrement des entretiens dans plusieurs entreprises. Le but est de voir s’il y a suffisamment de points communs pour déclencher l’envie de travailler ensemble, sans rapport de force. Pour que l’échange soit constructif, c’est autant à l’employeur de vous donner envie de travailler au sein de son entreprise que vous de le convaincre que vous êtes la bonne personne pour le poste à pourvoir, et ce, que vous ayez fait la démarche de postuler ou que ce soit l’entreprise qui ait identifié votre profil directement ou par l’intermédiaire d’un cabinet de recrutement.

Par Anna LOCHNER | Talent Acquisition Manager | HIRE